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jeudi, 27 janvier 2011

IMPACT DE LA CRISE POLITIQUE SUR NOTRE SANTE

Depuis décembre 1999 la Côte d’Ivoire est plongée dans une crise socio-politique et militaire provoquant instabilité sociale voire une fracture du tissu économique et social. Depuis fin novembre 2010 la crise s’est compliquée d’une crise post électorale. Cette situation n’est pas sans conséquence sur notre santé physique et mentale.


Qu’on le veuille ou non, nous sommes programmés pour être heureux et vivre en harmonie avec notre prochain. Notre souhait le plus intime c’est de vivre dans une société de respect, d’égalité qui favorise l’épanouissement personnel, familial et social. C’est pourquoi cette crise politique a eu sur chacun de nous un impact, directement ou indirectement.

1. Nous avons subit ou un de nos proches a subit des sévices corporelles injustifiées ou à cause de son appartenance politique, parfois de la part de personnes avec qui on vivait sans problème.

2. Nous avons peut être perdu un ou des êtres chers depuis cette crise, du fait d’une balle perdu ou directement impliqué dans le conflit.

3. Nous avons peut être perdu un être cher malade, décédé à la maison parce qu’on n’a pas pu se rendre à l’hôpital à cause d’un couvre feu ou d’une grève dans le transport.

4. Peut être que nous étions à l’hôpital mais notre parent, notre ami(e) est décédé car le personnel soignant n’a pas pu venir pour les mêmes raisons.

5. Peut être qu’on a rien eu physiquement, mais on se trouve moralement et socialement anéantit car on a perdu son emploi ou tous les biens qu’on a mis tant de temps et de labeur à bâtir, provoquant une véritable mort sociale.

6. Il y a aussi ceux qui n’ont rien perdu, mais qui ne supporte pas à tord ou à raison l’injustice que subit leur leader, leur parti ou le pays.

7. Les menaces d’intervention militaire voire de guerre qui planent sur nos têtes aggravent notre stress.

8. Des projets sont mort nés, des espoirs ont été brisés, etc.

Toutes ces situations provoquent en nous colère, révolte et peur. Nous sentons notre instinct premier nous échapper : l’instinct de survie.
Trois états psychologiques permettent de résumer notre état d’instabilité émotionnelle devant les épreuves de la vie. Ce sont le stress, L’anxiété et la dépression.
Ces trois situations d’instabilité émotionnelle ont la même base : Notre incapacité à surmonter, à affronter un traumatisme passé ou une situation présente ou à venir.
Le stress est un état de tension psychologique devant une situation présente. Le stressé est celui qui a peur d’échouer devant une situation. Il se réveille une ou deux fois dans la nuit par des palpitations, ou la gorge serrée. Il n’a pas de problème à se rendormir.

L’anxiété est une peur sans raison, sans logique apparente. L'anxiété concerne le futur : je suis angoissé, j'ai peur qu'il m'arrive quelque chose de négatif, je trouve que la crise peut exploser à tout moment, j'ai peur pour moi, pour mes enfants... j'ai l'impression d'être en sursis et j'attends une catastrophe. L’anxieux a du mal à s’endormir il pense à un tas de chose. Il ne trouve pas vite le sommeil.

La dépression est une maladie caractérisée par une grande tristesse, un sentiment de désespoir, et de manque de motivation. La dépression concerne le passé : je n'arrive pas à surmonter ce qui est arrivé. Je traîne un poids sur mon dos et je ne me sens pas assez fort pour le porter. Je n'ai pas appris à faire face à la vie. Le déprimé dort tôt, il trouve vite le sommeil mais se réveille tôt (2 -3h du matin) et ne peut plus se rendormir.

Chez le déprimé le passé est vécu avec regret, le présent est redouté et l’avenir est incertain. A mon avis, les ivoiriens sur le plan national vive une véritable dépression. Pour preuve, depuis le début de la crise, nous nous rappelons sans cesse notre « passé glorieux » avec Houphouët- Boigny et sa philosophie de paix. Nous ne savons pas comment nous en sortir et nous avons peur que la situation s’empire dans l’avenir. Nous trouvons refuge dans la nostalgie. Penser au passé nous rends heureux mais penser au présent ou à l’avenir nous fais peur.
Sur un plan individuel chacun de nous ressent différemment le stress, anxiété ou la dépression, car nous n’avons pas reçu la même éducation et nous n’avons pas la même culture.

Sans entrer dans les détails de spécialiste, je vais vous citer pelle mêle les symptômes qui doivent attirer votre attention. Ces symptômes sont :
-palpitations, hypertension artérielle, douleur dans la poitrine,
- crise d’ulcère, transpiration, tremblement des mains
- insomnie, baisse de la libido (appétit sexuel)
- tristesse, baisse de l’appétit, Picotement sur le corps
-aménorrhée (absence de règle), etc.

Le stress, l’anxiété ou la dépression n’ont pas de coloration politique. Quelque soit notre opinion politique nous manifestons les mêmes symptômes .IL n y a pas de palpitations LMP ou de douleurs dans la poitrine RHDP. Il n y a pas d’hypertension pro Gbagbo ou d’insomnie pro Ouattara.
Personne n’a le droit de dire qu’il est émotionnellement plus fort que les autres. Chacun de nous à un motif, un seuil d’instabilité qui lorsqu’il est atteint provoque des symptômes. Ce qui fait l’ambiguïté c’est que ces symptômes sont les signes d’autres maladies.
Ne pas hésiter à consulter un médecin pour faire la part des choses. Un généraliste, un psychologue ou un psychiatre fera l’affaire.
Voici quelques conseils qui peuvent vous aider.
- Savoir d’abord, prendre conscience qu’on a un problème et vouloir le régler
- Identifier ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous.
- En parler, mais pas à tous le monde.
- Voir le problème sous un autre angle, avoir de nouveaux objectifs, un nouveau plan de bataille.
- Se donner des encouragements du genre « ça va aller »
- Chercher un refuge, pas dans le tabac l’alcool ou la nourriture, Mais dans le sport, les activités intellectuelles ou les loisirs.
- Consommer les fruits et légumes riche en magnésium, en zinc …
- Ne pas s’endormir triste ou en colère.

La crise ivoirienne évolue sous un mode chronique nous exposant à un stress chronique, une anxiété chronique ou une dépression chronique. Les conséquences sont incalculables sur notre état psychologique. Un complexe d’infériorité nationale va s’installer progressivement et insidieusement en chacun de nous. Le meilleur remède est la fin de la crise de la manière la plus humaine possible. Vivement que la crise prenne définitivement fin .

GARDONS LA FOI !!

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